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Deux films sur la politique actuellement à l'affiche : l"un américain de Georges CLOONEY, Les marches du pouvoir, l'autre français de Pierre SCHOELLER, L'exercice de l'état. Les deux titres se mélangent dans mon esprit mais les deux oeuvres ont l'air si différentes que j'ai décidé d'aller voir les deux.
Le film français est très "exotique" et anxiogène : il nous plonge dans
la tribu féroce qui peuple les cabinets ministériels de notre République. On suit l'itinéraire d'un ministre des transports, Bertrand Saint-Jean (et de son équipe rapprochée), qui va être amené à
réaliser une réforme libérale -privatiser les gares- qu'il refuse au départ. Quelle drôle de vie stressante et pas drôle on mène sous ces lambris : elle paraît complètement déconnectée du réel,
qu'elle ne rencontre que dans de brèves et violentes confrontations. Des scènes d'accident, à tous les sens du terme, filmées avec un réalisme saisissant. Evènements choc mais qui n'amènent
aucune prise de conscience.
L'interprétation est passionnante, celle d'Olivier GOURMET en ministre, mais aussi celle de Michel BLANC en directeur de cabinet. La complexité de la relation entre ces deux solitaires est l'une des richesses du film. Celui qui paraissait être le plus sincère, le ministre, finira, au nom de son ambition, par sacrifier ses principes; l'autre, qui paraissait au début, n'être qu'un monstre froid d'effacité, un parfait énarque, se révèlera le seul à tenter encore de rester fidèle à sa conception de l'Etat. La tête que s'est faite Michel BLANC, ses cheveux totalement ras et sa dignité glacée : inoubliable. Un rôle secondaire, mais l'un des plus beaux de sa carrière?
Des scènes étonnantes : l'ouverture onirique, culminant dans cette image étrange d'une femme nue avalée par un crocodile,
où l'on explore l'imaginaire asphyxiant (ou asphyxié?) du ministre, les deux accidents, la soirée alcoolisée dans la caravane du chauffeur.
Mais celle qui m'a le plus marqué est l'une des plus classiques : Gilles, le "dir' cab'", dîne en privé au ministère avec un autre haut fonctionnaire, qui s'apprête à accepter sa nomination dans le privé. Tous les deux discutent -avec une belle véhémence, enfin!- de l'Etat, de ce qu'il en reste. "Une vieille godasse qui prend l'eau de partout" -"il nous reste quelques prérogatives". L'une des rares scènes où ces personnages qui font au quotidien l'exercice de l'état lèvent la tête et réfléchissent -avec nous, les spectateurs- sur cette entreprise à peine concertée de démolition qui est en train de se passer sous nos yeux. Ou au dessus de nos têtes.
Un film âpre, qui regarde la politique sans l'idéaliser, à hauteur des hommes qui la font. De leur énergie et de leur stress souvent si mal employés.
Penser à tout
Penser à rien
Regarder pousser sa barbe
Et les plantes du jardin
Les âmes des enfants
Et les idées de demain
Rester éveillé comme dans un rêve
Questionner ses certitudes
Regarder vivre les chats avec des yeux de chat
Regarder vivre les femmes avec des yeux de femme
Et des yeux d’homme aussi
Donner une suite souple à chacune des pensées qui te passent par la tête
Faire de la fusée une parabole
Relire le Voltaire d’hier et découvrir celui d’aujourd’hui
Vibrer dans la voix chauffée à blanc du chanteur de Noir Désir
Attendre le temps des cerises en croquant toutes les pommes
En cultivant ses souvenirs
Sur lesquels fleurissent les plus surprenantes métamorphoses
Penser à tout
Penser à rien
-Polaroïds = quelques instantanés sur des personnes que je rencontre ou que je réinvente.
-Le nectar et l'ambroisie = les spectacles, les films, les livres, les toiles, les oeuvres qui me nourissent.
-Le citoyen Lambda = quelques réflexions sur la politique comme elle va (ou comme elle ne va pas) par un citoyen de base.
-Sur le dos du mammouth = un prof-puce sur le dos du mammouth "Education nationale".
-Le sportif de bas niveau = il a la tête ronde et les pieds carrés.
-Journal de bord = au jour le jour.
-Dans l'atelier = exercices d'écriture.
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