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Dimanche 15 juillet 2012 7 15 /07 /Juil /2012 20:38

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Intéressant de découvrir un film ancien et inédit de Asghar Farhadi après le choc reçu l'année dernière avec "Une séparation". "Les enfants de Belle Ville" date de 2004, c'est un film inédit (on se demande bien pourquoi), le deuxième tourné par le cinéaste et c'est déjà un chef d'oeuvre.

Un jeune homme va être exécuté pour avoir tué la fille qu'il aimait (en manquant lui-même son suicide). Sa soeur et l'un de ses amis tentent d'obtenir sa grâce en obtenant le pardon du père de la victime.

 

 

 


Bien sûr ce cinéma nous plonge dans l'Iran contemporain (dans "Une séparation" on était dans l'appartement de bourgeois, ici on explore un milieu social beaucoup plus misérable, de gens qui survivent le long d'une ligne de chemin de fer). Mais si Asghar Faharadi arrive à nous passionner, c'est parce que ses histoires ne sont pas du tout misérabilistes, ni tire-larmes. Il parvient, tout en restant dans le cadre d'un réalisme très rigoureux, à nous faire comprendre les différents enjeux, psychologiques, sociaux, religieux, qui agitent ses personnages, les différents fils de la toile d'araignée, à la fois rigide et mouvante, dans laquelle ils se débattent. Ici, par exemple, "la loi du sang" juridique et religieuse : le père de la victime doit payer pour obtenir l'exécution du jeune homme à la famille de ce dernier (le sang d'un homme valant le double de celui d'une femme); les proches du meurtrier doivent aussi s'ils obtiennent le pardon du père lui verser le prix du sang de sa fille. Des lois très différentes des nôtres, qui peuvent nous paraître barbares ou rétrogrades, mais dont le cinéaste nous montre, par des scènes auprès du juge, dans la communauté religieuse, à la mosquée, qu'elles ont pour but aussi d'inciter à ne pas céder à la vengeance mais à trouver une solution. Société rigide mais aussi extrêmement complexe (sur laquelle, en regardant ces films, nous sommes obligés d'approfondir notre regard et de dépasser nos clichés). Le cinéaste aurait défini son histoire comme "la lutte du bien contre le mal". Pas de manichéisme pourtant chet cet Iranien : cette lutte, elle passe à l'intérieur de chacun de ses personnages.


C'est ce qui touche le plus Ulysse. La façon dont Fahradi arrive à faire comprendre les motivations de chacun des antagonistes du drame, même de ceux qui pourraient paraître odieux. L'amour naissant entre la soeur et l'ami est joliment décrit dans des scènes de bus ou de restaurant : deux beaux personnages que cette mère célibataire, interprétée par la lumineuse Taraneh Alidoosti qui lutte pour survivre dans son quartier en gardant au doigt l'alliance du minable avec lequel elle a été mariée pour qu'on ne l'importune pas, et de ce jeune voleur qui va trouver dans le combat mené avec elle pour sauver son copain de quoi canaliser son énergie fruste et l'humaniser. Mais l'autre couple, qui va se dresser en face de celui des jeunes et que l'on serait tenté de ne voir d'abord que comme celui des méchants, va devenir lui aussi peu à peu très intéressant : le père muré dans sa douleur et sa femme humiliée. Ces personnages silencieusement hostiles, le réalisateur prend le temps de nous faire écouter ce que l'on dit d'eux, de nous les faire regarder lorsqu'ils sont seuls. Il prend le temps de nous faire découvrir les tourments qui les habitent et la façon dont ils sont pris eux aussi dans la toile d'araignée, psychologique, morale, sociale, juridique, religieuse.

Habileté de cette scène d'ouverture, qui nous présente le jeune condamné que l'on ne reverra plus ensuite mais auquel on s'est attaché, et force de cette fin ouverte.


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Le rugueux Farhadi évoque à Ulysse cette phrase fameuse du rondouillard Renoir que Truffait aimait citer : "le plus terrible dans ce monde, c'est que chacun a ses raisons". Cinéma d'humanistes.

Par christophe bouquerel - Publié dans : le nectar et l'ambroisie
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Jeudi 12 juillet 2012 4 12 /07 /Juil /2012 21:01

Ce soir, pour fêter dignement le cinquantième anniversaire des Stones, Ulysse écoute le dernier album des Black Keys. Ben oui quoi, pour rester dans les variations blanches sur de la musique noire. 

 

 

 

 

Dan Auerbach et Patrick Carney se sont de nouveau accoquinés avec le fameux producteur Danger Mouse. Ils sont rentré en studio sans avoir rien de prêt et ont composé tous les morceaux avec lui.  Le seul projet, c'était de faire des chansons qui allaient vite, sur un tempo rapide, faciles à jouer sur scène. Comme au bon vieux temps du rock'n roll. Ce n'est qu'ensuite, sur la musique achevée, qu'Auerbach a ajouté des paroles. Pas très originales  donc (plaintes d'amour d'un type lourdé). Mais ce groupe n'a peut-être rien d'autre à exprimer que son putain de son. Toujours aussi râpeux, aussi vintage, aussi actuel. Et c'est l'essentiel : ils nous rappellent que l'énergie de cette musique passe moins par les mots que par des giclées de guitare.   
Le résultat de ce brain storming musical à trois est terriblement efficace. Moins blues, moins soul que sur la fin de "Brothers", plus rock. Un écho de Led Zep même, dans "Little Black Submarine", ce côté deux chansons en une.

Toutes les chansons sont excellentes. Petite mention spéciale pour "Gold on the ceiling". Les deux ados attardés du garage band d'Akron (Ohio), relocalisé à Nashville (où officie aussi Jack White?) n'arriveront peut-être jamais à cinquante ans de carrière, ça non, mais, après tout ce n'est pas plus mal. 

Et puis pour quand même rendre un petit hommage aux Stones, parce que oui, ben, bon, c'est ici. 


Par christophe bouquerel - Publié dans : le nectar et l'ambroisie
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Dimanche 8 juillet 2012 7 08 /07 /Juil /2012 23:02

 

 

 

 

 

 

Evidemment une satire burlesque des entreprises de pompes funèbres.

Et une jolie découverte d'un personnage de la grand mère qui fut autrefois une jeune Berthe amoureuse.

Mais surtout un film sur l'indécision. L'indécision positive. Comment ne pas choisir et essayer de concilier l'inconciliable? Parce que choisir, c'est perdre, c'est renoncer. Par exemple, pourquoi  choisir entre l'enterrement d'une grand mère et l'anniversaire d'une petite fille? N'y aurait-il pas moyen de concilier ces deux évènements inconciliables et les rendre tous les deux parfaitement fantaisistes et inoubliables? Et puis aussi pourquoi choisir entre une femme encore amoureuse et une maîtresse qui l'est aussi? N'y aurait-il pas moyen de... Oui, non, évidement, c'est plus difficile, ça demande des tours de passe passe difficilement tenables à long terme. Mais passer de l'une à l'autre entraîne un mouvement délectable.

L'intelligence du scénario c'est d'avoir fait de la femme et de la maitresse deux personnages attachants. Toutes les deux différentes, toutes les deux un tout petit peu chiantes (on les comprend) et tout à fait charmantes (on s'attache à elles). Le spectateur sent bien que le personnage masculin doit choisir mais il serait bien en peine de le faire à sa place. En plus les deux actrices sont très bien filmées...

Pas tout à fait un grand film parce que, comme souvent chez les Podalydès, des détails burlesques un peu forcés (ici par exemple Haroun Taziouf), qui n'apportent pas grand chose au propos, qui font un peu potaches.

Voilà l'étape qu'il leur reste à franchir : épurer suffisamment la fantaisie pour qu'il ne reste plus en dessous que la gravité.

Par christophe bouquerel - Publié dans : le nectar et l'ambroisie
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Samedi 7 juillet 2012 6 07 /07 /Juil /2012 23:47

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Malheureusement ils se sont disputés tout récemment. Ceux de gauche votaient Marine Le Pen, ceux de droite Mélenchon. Depuis, ils ne se parlent plus, ce qui leur pose des problèmes chaque matin quand ils partent au travail et chaque soir quand ils en reviennent. La nuit, les uns et les autres sont d'une extrême discrètion.

Par christophe bouquerel - Publié dans : le promeneur de banlieue
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Jeudi 5 juillet 2012 4 05 /07 /Juil /2012 20:10

 

 

 

"Maintenant, je passe mes coups de fil moi-même! a déclaré au journal de 13 heures sur France Inter l'ancien ministre, stupéfait lui-même de son audace, c'est intéressant d'ailleurs, ça montre aussi ce qu'est la  vie des Français."

Emouvant, se dit le citoyen Lambda, ces hommes politiques, qui découvrent la vraie vie des Français après avoir passé cinq années à les gouverner. Il est ravi pour l'ancien collaborateur de l'ex-superprésident qui, malgré son départ forcé de l'Elysée, continue avec une folle audace à enrichir sa palette émotionnelle : hé oui, un téléphone, on compose le numéro avant de parler dedans, on tape sur les touches avec ses doigts, ça fait même pas mal!

Pour aider monsieur Guéant dans sa reconversion, Lambda lui propose d'autres expériences bouleversifiantes de vraie vie : alller acheter soi-même une baguette de pain; prendre le RER à 18 heures un jour de semaine à la station Châtelet; habiter au delà du périphérique; remplir sa déclaration d'impôt; passer un entretien à Pôle Emploi. Voire, mais là, c'est quand il sera prêt à absorber un degré presque pur de vraie vie, se passer la gueule au cirage pour être contrôlé par la police française.

Courage, Claude, si tu continues comme ça, bientôt tu seras un vrai Français de la vraie vie.

Par christophe bouquerel - Publié dans : citoyen lambda
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